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Analyse transactionnelle : sortir des jeux psychologiques entre associés

Persécuteur, Sauveur, Victime : entre associés, les mêmes scénarios se rejouent sans fin. L’analyse transactionnelle aide à les repérer et à en sortir.

Par Catherine Cayuela · 20 septembre 2026

Illustration de l’article : Analyse transactionnelle : sortir des jeux psychologiques entre associés

Pourquoi certaines discussions entre associés finissent-elles toujours de la même façon, alors que chacun est de bonne volonté ? L’analyse transactionnelle, développée par le psychiatre Eric Berne, offre des clés de lecture précieuses pour comprendre ces répétitions.

Les trois états du moi

Selon l’analyse transactionnelle, chacun de nous passe en permanence d’un état du moi à un autre :

  • le Parent, qui juge, protège, impose des règles ;
  • l’Adulte, qui observe les faits, analyse et décide ;
  • l’Enfant, qui ressent, s’enthousiasme, se rebelle ou se soumet.

Entre associés, les tensions naissent souvent de transactions croisées : l’un s’adresse à l’autre depuis son Parent critique (« Tu ne tiens jamais les délais »), l’autre répond depuis son Enfant rebelle (« Et toi, tu crois que tu es parfait ? »). La conversation quitte le terrain des faits.

Le triangle dramatique

Le psychologue Stephen Karpman a décrit un schéma que l’on retrouve dans de nombreux conflits d’associés : le triangle dramatique. Trois rôles s’y succèdent :

  • le Persécuteur critique, contrôle, accuse ;
  • la Victime se sent impuissante, incomprise, débordée ;
  • le Sauveur vient en aide sans qu’on le lui demande, et finit par en vouloir à ceux qu’il sauve.

Exemple classique : le CEO « sauve » son associé technique en reprenant ses sujets à sa place. Celui-ci se sent dépossédé et devient Persécuteur à son tour, en reprochant au CEO de tout contrôler. Le CEO, épuisé, se vit alors en Victime. Et le cycle recommence.

Comment en sortir

La première étape consiste à repérer le jeu. Tant qu’on est dedans, il paraît naturel. Quelques questions aident à prendre du recul :

  • Cette dispute ressemble-t-elle à une dispute que nous avons déjà eue ?
  • Quel rôle suis-je en train de jouer ?
  • Qu’est-ce que j’attends vraiment de mon associé, que je n’arrive pas à lui demander ?

La deuxième étape consiste à revenir en position Adulte : parler de faits observables, exprimer ses besoins plutôt que des reproches, faire des demandes claires. Passer de « Tu ne m’associes jamais aux décisions » à « J’ai besoin d’être consulté avant les recrutements de mon équipe. Peut-on en convenir ? »

On ne sort pas d’un jeu psychologique en gagnant la partie, mais en refusant d’y jouer.

Le rôle d’un tiers

Ces mécanismes sont d’autant plus difficiles à voir que l’on est impliqué émotionnellement. Un regard extérieur et neutre permet de nommer ce qui se rejoue, sans désigner de coupable, et d’ouvrir un espace où chacun peut enfin dire ce dont il a besoin.

C’est tout le sens d’un accompagnement d’associés : non pas trancher qui a raison, mais aider chacun à sortir du scénario pour retrouver une relation choisie.

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